…Le sujet double de sa peinture qui nous promène à la fois dans des univers urbains et dans des lieux découverts d’une nature pas si banale qu’on pourrait l’imaginer . Le peintre utilise deux techniques différentes, l’une faite de la précision du scalpel et du microscope, l’autre du flou, comme la mémoire l’est inévitablement. L’ambition qui consiste à déconstruire le construit ou à organiser le vivant est parfaitement maîtrisée par Claire Illouz, puisqu’elle nous donne cette impression à la fois bizarre et sereine d’un destin qui s’accomplit hors du temps et avec lui. Les personnages, absents, se font désirer de leur absence même, les teintes affadies de leurs habitations nous sont les témoins de leur passage, tout a été abandonné certes, mais pas n’importe comment…Les objets inanimés ont bien une âme, si l’on en juge à l’encombrement des greniers, des étagères de nos maisons. C’est en cela que l’œuvre de ce peintre est poétique, elle crée la vie dans ce qu’elle a de fragile et de passager, la peuple d’ombres et de lumières fugaces. Jean Gelbseiden, (texte radiophonique, 2003)

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